15.04.2004
L'actualité en question
Ben Laden à l’Europe : « Je vous ai compris ! »
L’offre de « paix » faite à l’Europe par Ben Laden est plus révélatrice du vrai visage de l’Europe que de celui du chef terroriste. Si Ben Laden a fait une telle proposition c’est que tout dans l’attitude et les positions de l’Europe laissait entendre que tel était son désir. Il est clair qu’on ne fait des offres malhonnêtes qu’à ceux et celles qui en ont le profil !
Rappelons d’abord les termes exacts de Ben Laden : «Le 11 septembre (2001) et le 11 mars (2004), la monnaie de votre pièce vous a été rendue… Je présente une initiative de réconciliation dont l'essence est notre engagement à cesser les opérations contre tout pays (européen) qui accepte de ne pas agresser les musulmans… Pour ceux qui veulent la paix, voilà que nous l'autorisons. Cessez alors de verser notre sang pour préserver le vôtre. La solution est entre vos mains... l'offre de paix entrera en vigueur dès le départ du dernier soldat de nos pays.
Qu’est-ce qui a permis à Ben Laden de croire son offre acceptable par les Européens et pourquoi a-t-elle été sèchement refusée ?
Tout d’abord, les faits - et de longue date - démontrent le refus européen d’un affrontement avec le terrorisme et du choix de composer avec lui : les retraits italiens et français de Beyrouth après les attentats suicide meurtriers du Hezbollah, suivis de l’attitude conciliante, mieux même, coopérative, envers ces terroristes dont l’Europe a déclaré « comprendre » sinon approuver les méthodes ; les sarcasmes de Chirac et du Quai d’Orsay après la courageuse condamnation par Lionel Jospin du Hezbollah ; le refus de l’Europe ou tout au moins de la « vieille Europe » de cautionner les USA dans l’attaque contre l’Afghanistan puis contre l’Irak ainsi que l’ évident dénigrement systématique de l’action de Bush contre les Islamistes ; la déclaration télévisée, parfaitement limpide, d’un haut responsable de la Sécurité à la télévision française, affirmant que le risque de la France d’être victime d’attentats était limité du fait de la politique modérée et modératrice de la France face à l’Islamisme ; les foules espagnoles réclamant la chute d’Aznar tenu pour responsable des attentats par son engagement en Irak et la victoire de la gauche espagnole contre la guerre au terrorisme hors des frontières de l’Espagne etc.
Faut-il rappeler la politique d’apaisement envers la Syrie et l’Iran après les attentats commis à Paris ? Faut-il rappeler la scandaleuse condamnation de l’exécution du chef terroriste Yassine par Israël ?
En fait, l’attitude de la majorité des Européens et de la France en particulier a toujours été un message clair signifiant : « Nous ne voulons pas de terrorisme chez nous. Chaque pays doit régler ses problèmes avec le terrorisme à sa manière mais nous nous contenterons d’une position de défense et ne déclarons pas la guerre aux bases du terrorisme, nous n’entrerons dans aucune coalition contre eux : la guerre contre le terrorisme s’arrêtera à nos frontières.
L’offre de Ben Laden est la réponse logique à la politique d’apaisement préconisée sans cesse par la plupart des Européens et par leurs opinions publiques qui ont largement manifesté en ce sens.
Ce que n’a pas compris Ben Laden c’est que la France et ses alliés anti-américains et anti-israéliens ne voulaient en aucun cas que ces vérités soient dites et que soit révélée leur lâcheté qu’ils ont pris tant de soins à habiller d’oripeaux plus dignes : la paix, la justice, la lutte contre les inégalités etc.
La lâcheté masquée derrière l’hypocrisie et le cynisme sont le fait de toutes les sociétés décadentes, ce qui est bien la pente savonneuse sur laquelle l’Europe s’est engagée.
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