01.02.2006
L'actualité en question
Nullité humaine, nullité politique…
par Nessim Cohen-Tanugi
Les scènes de violence qui se sont déroulées à Amona sont à condamner sans aucune réserve. Et si les violences sont condamnables des deux côtés, celles du gouvernement sont impardonnables...
Les scènes de violence qui se sont déroulées à Amona sont à condamner sans aucune réserve. Et si les violences sont condamnables des deux côtés, celles du gouvernement sont impardonnables car lorsque l'on exerce des responsabilités on ne peut se conduire comme des provocateurs et des brutes sous prétexte que le camp d'en face en fait autant. Pas plus qu'un policier n'est en droit d'utiliser des méthodes de délinquants sous prétexte qu'il a affaire à des délinquants, c'est évident, irrécusable, admis par le droit au sein de toutes les nations civilisées, sans aucune exception, sauf Israël aujourd'hui, semble-t-il.
Il est d'ailleurs écrit dans la thorah que les fautes d'un responsable du peuple doivent être plus sévèrement payées que celle d'un simple membre de la communauté. C'est pourquoi nous pensons que ce qui s'est passé, charger avec des chevaux et frapper à coup de masse les manifestants en faisant 250 blessés, est impardonnable au sens strict du terme. En ce qui nous concerne jamais nous ne voterons, jamais nous n'appellerons à voter pour ceux qui se sont rendus coupables de se conduire comme des S.S. avec des juifs, même s'ils ont des torts.
C'est d'autant plus impardonnable que face à la résistance dans la bande de Gaza, la conduite de Tsahal et de la police a été exemplaire : tout le monde a du reconnaître l'exemplarité de la méthode, que l'on ait été pour pou contre ce désengagement.
La conduite du gouvernement est d'autant plus impardonnable que manifestement des ordres ont été donnés pour que la répression soit violente et les violences fortement médiatisées pour des raisons politiques qui sont, en elles-mêmes, indignes de Juifs censés se dévouer à l'édification et à la consolidation d'un Etat juif.
Mais il faut revenir sur le fond.
Il était particulièrement inopportun d'effectuer ce désengagement alors que le Hamas vient de gagner les élections et qu'il persiste et signe dans sa volonté d'édifier la Grande Palestine du Jourdain à la mer et de procéder au nettoyage ethnique des Juifs. Il fallait attendre que les positions s'éclaircissent. Autant on doit se résigner à renoncer à certains territoires si les Palestiniens renoncent de leur côté à la destruction de l'Etat juif et acceptent la cohabitation paisible, autant il est fou de vouloir renoncer à un quelconque territoire si nos adversaires persistent dans la voie du tout ou rien. Dans ce cas nous ne pouvons nous mettre qu'au diapason. Notre message doit devenir : si vous continuez à exiger tout alors sachez que vous prenez le risque de n'avoir rien. Il était donc urgent d'attendre et si le Hamas ne renonce pas officiellement à l'éradication d'Israël, ne reconnaît pas son droit à l'existence et n'accepte pas le compromis du partage de la terre, alors il faut au contraire encourager l'installation d'implantations partout où c'est possible. Il faut que les Palestiniens comprennent que leur jusqu'auboutisme met en péril l'existence un jour d'un Etat palestinien.
Nullité humaine, nullité politique, tel apparaît le gouvernement Olmert.
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