21.04.2006
L'actualité en question
Au Caire : les mauvaises raisons de Jacques Chirac.
par Robert Cotta
Au Caire, Jacques Chirac a dévoilé sa grande stratégie envers le Hamas et contre le terrorisme...
A propos du Hamas, il a déclaré . "Le Hamas est inscrit sur la liste des organisations terroristes internationales et je comprends que l'Union européenne se soit posée la question ( Le montant annuel de l'aide européenne aux Palestiniens s'élève à 500 millions d'euros, dont 25% sont financés par la France ) mais je considère pour ma part qu'il serait à la fois injuste et politiquement maladroit de faire payer à la population palestinienne le prix qu'on voudrait lui faire payer en supprimant l'aide. Je suis donc partisan du maintien de l'aide pour des raisons humanitaires et de justice."
C’est la règle d’or de la diplomatie française de donner à ses décisions un vernis humanitaire et de manifester un souci de justice car ce sont des valeurs conformes à l’histoire de la France et aux sentiments de la population. Mais là, la ficelle est un peu grosse car si le Hamas est au pouvoir c’est bien de par la volonté du peuple palestinien ! Il n’a été ni trompé ni berné par le Hamas qui a « honnêtement » annoncé la couleur et bénéficié en retour de l’appui massif envers son programme.
Il faut, bien au contraire, manifester aux Palestiniens la réprobation de la Communauté internationale et les inciter à regretter leur choix afin qu’ils y réfléchissent à deux fois à l’avenir avant de se choisir des dirigeants extrémistes. C’est bien la leçon qu’ont tirée Allemands et Japonais après la guerre mondiale.
Chirac continue : « L'esprit de paix gagnera d'autant mieux les peuples qu'ils auront le sentiment de participer aux échanges économiques mondiaux, et non pas d'en être les spectateurs voire les victimes » . Ce sont « autant de blessures qu'avive et exploite le terrorisme. Aussi doit-il être combattu par tous les moyens, notamment par la croissance économique et le dialogue des cultures »
Chirac pense-t-il par clichés ? Par ses paroles il relie le terrorisme islamique à la grande tradition des révoltes contre la misère et l’exploitation, de Spartacus à Robin des Bois en passant par Zapata et Che Guevara. Malheureusement la « révolte » islamique ne se nourrit en rien à ces sources. La majorité des terroristes sont issus des milieux les plus riches du monde arabe, à commencer par le multi milliardaire Oussama ben Laden. Deux des pays les plus riches du monde en sont les financiers : l’Arabie et l’Iran. Loin d’être généré par la misère, l’Islamisme trouve sa source dans la volonté de puissance du monde arabe qui s’est aperçu qu’avec le pétrole il tient l’Occident à la gorge et qui entend tirer profit de cet avantage pour exercer une domination politique sur le monde.
A qui la faute si les pays arabes, à de très rares exceptions, n’ont pas investi dans la création d’entreprises, la formation, le progrès social ? Ils ont toutes les ressources nécessaires pour cela. Mais des chefs et dirigeants avides et corrompus ont engrangé les bénéfices du pétrole, laissé le peuple dans la misère, lui faisant croire que la cause de leur misère étaient les Juifs et l’Occident.
Il ajoute encore : «De même, une solution authentique du conflit israélo-palestinien, à la source de tant d'incompréhensions, de frustrations et de souffrance, ferait-elle beaucoup pour dissiper les sentiments d'injustice. » Passons sur les « frustrations », « souffrance » et « sentiments d'injustice » dont les Juifs sont bien plus victimes que les Palestiniens. Mais à qui la faute ? Les Juifs ont accepté le partage en 1948, les Arabes l’ont refusé. En 67, à nouveau Israël propose la paix en échange des territoires, il reçoit en réponse les trois « Non de Khartoum ». Avec Oslo, Israël passait aux actes et tentait une avancée vers la paix payée en retour par de barbares massacres d’innocents.
Le président français persiste dans sa vision illusoire - ou complaisante envers le monde arabe – en prétendant qu'un calendrier de retrait des forces américaines favoriserait une réconciliation nationale : « Si un horizon était fixé pour son départ, alors les Irakiens pourraient plus facilement entrer dans une logique de responsabilité. » C’est très exactement le rêve d’Al Qaïda pour prendre le pouvoir en Irak et doter le terrorisme internationale d’un sanctuaire et de ressources financières immenses.
Mitterrand, à qui l’on demandait s’il croyait que Chirac ferait une bonne politique extérieure pour la France, répondit qu’il n’y serait pas seulement incompétent, mais encore ridicule. Il avait cependant sous-estimé sa capacité à masquer son incompétence sous un flot de paroles démagogiques.
Continuer de consulter les archives |