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Spécimen No 329
Mercredi 10 Février 2010


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encarté dans le bi-mensuel Israël-Actualités, journal francophone israélien

09.06.2006
L'actualité en question
Non, le référendum d'Abbas ne constitue pas une reconnaissance, même implcite, d'Israël
par Joël Fishman

On nous serine à longueur de journée que le référendum prévu par Mahmoud Abbas constitue une reconnaissance implicite d'Israël. C'est faux : il s'agit en fait de l'application pure et simple du plan par étapes sans aucun changement. Extrait d'un article de Joël Fishman paru dans le numéro 225 du Lien


La guerre a été théorisée sous le nom de « Stratégie des étapes ». Pour asseoir cette stratégie, on voit revenir sans cesse dans le discours de l'OLP, le pacte d'« Houdaibiya » et la référence au « Cheval de Troie ».

La stratégie des étapes
La stratégie des étapes est postérieure à la guerre du Kippour. En 1973, les Israéliens s'étaient laissés surprendre. La leçon qu'en tirèrent les Palestiniens, c'est qu'Israël n'était pas imbattable militairement, et que si une guérilla intérieure avait pu paralyser la mobilisation précipitée de sa défense, l'Etat Juif aurait peut-être été emporté. S'est alors imposé le modèle vietnamien où, à partir de zones dites « libérées », une guerre de guérilla paralyse et use les forces adverses, qui sont ensuite battues par une offensive conventionnelle.
C'est ainsi qu'au Caire, le 9 juin 1974, l'OLP fixe une doctrine des étapes dont elle n'a plus varié depuis. L'article 2 de la résolution adoptée ce jour-là stipule que l'OLP devra « établir une autorité nationale indépendante sur toute partie du territoire qui aura été libérée ». C'est la fameuse «zone libérée», le sanctuaire qu'il faut créer en premier et d'où on peut lancer une guerre de harcèlement dans les lignes de l'adver-saire. Vingt ans plus tard les accords d'Oslo serviront sur un plateau à Arafat le fameux territoire libéré d'où il fait partir encore aujourd'hui ses opérations.
Le même article prescrit que l'OLP utilisera « tous les moyens et avant tout la lutte armée... » : il faut entendre la guerre de guérilla. Et à l'article 8 « elle s'efforcera de réaliser l'union des pays de la zone de confrontation dans le but d'achever la libération de l'intégralité du territoire palestinien ». C'est le passage à l'offensive conventionnelle pour abattre Israël.Il est remarquable d'observer qu'il y a quelques jours, le 1er décembre( 2003, le Fatah, pour ramener à la réalité les Palestiniens qui pourraient s'être égarés en prenant à la lettre les accords de Genève, a publié, un document où il proclame : « Nous rappelons à ceux qui jouent avec l'avenir de notre peuple qu'un État palestinien indépendant sur les territoires occupés en 1967 ne fait pas partie du consensus stratégique, mais seulement d'un programme de transition, adopté par l'OLP lors de la réunion de 1974 du Conseil National Palestinien. » ( voir BADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights Press Release E-53-03 5 December 2003)
Ce passage capital met le doigt sur deux points qui permettent de tout comprendre : d'abord que le programme demeure bien celui de 1974 visant à détruire Israël et ensuite que la création d'un État palestinien n'est qu'une transition, un moyen (la base de lancement d'une guerre de guérilla) et surtout pas une fin (un État unique du Jourdain à la mer).
Le dispositif des étapes ne fonctionne qu'à une condition : disposer d'un territoire où installer une autorité nationale palesti-nienne. Sans cela, pas de population où recruter des fantassins ou des « martyrs », pas de ressources financières, pas de sanctuaire où stocker des armes, former des soldats, trouver refuge, etc. Arafat tenta bien d'utiliser la Liban après la déroute de Jordanie, mais il en fut déraciné grâce à la plus légitime des guerres israéliennes et renvoyé à Tunis.

Le pacte d'Houdaibya
C'est alors que survint l'opportunité d'Oslo qui allait lui offrir cette base d'opérations tant souhaitée. Il y avait une condition cependant pour entrer dans le processus : renoncer solennellement à la violence, ce qui était parfaitement incompatible avec la poursuite de la guerre. C'est là que va s'imposer, dans le discours palestinien, la référence à Houdaibiya.
En 628, le prophète, en difficulté, avait passé avec la tribu des Qoreïch, maîtres de La Mecque, un accord pour dix années de paix. Un peu plus d'une année après, le rapport des forces étant devenu favorable, le prophète rompait la trêve et prenait La Mecque. Le prétexte est qu'un Musulman n'est pas engagé pas les traités qu'il passe avec les Infidèles.
Arafat va prendre appui sur ce modèle. Le 1er septembre 1993, avant même l'échange de lettres avec Rabin (du 9 septembre) et la signature de la Déclaration de principes (du 13 septembre), s'exprimant sur radio Monte Carlo, il déclare que l'accord à venir « serait à la base d'un Etat palestinien indépendant en accord avec la résolution de 1974 du Conseil National Palestinien ». C'est à dire la base arrière d'une nouvelle guerre ! Quelques mois plus tard, en Arabe, dans une mosquée de
Johannesburg, il compare les accords d'Oslo au « pacte de Houdaibiya ». Référence qui reviendra régulièrement, qui le délivre de tout engagement de renoncer à la violence et qui lui sert à donner à ses troupes, en Arabe, quand il le juge utile, le signal de l'offensive.
C'est sans doute pour cela qu'Arafat est totalement récusé comme interlocuteur palestinien aussi bien par les Américains que par les Israéliens. Les engagements qu'il accepte sont affaire d'opportunité : non seulement sa doctrine lui permet de les transgresser quand ça l'arrange, mais elle le lui commande. Ne pas lancer le Jihad quand les conditions sont favorables, c'est avec des
lunettes islamistes, déroger aux obligations religieuses.

La référence au Cheval de Troie
Cette référence sert d'image pour expliquer le déclenchement de l'Intifada de septembre 2000. Le «Cheval» est invoqué publiquement, en Arabe par Arafat ou par Marwan Barghouti. C'est sans doute Fayçal Husseini qui a livré la version la plus détaillée au quotidien égyptien Al-Arabi le 31 mai 2001. « Les États-unis et Israël n'ont pas compris, avant Oslo, que tout ce qui a été laissé du mouvement national palestinien et du mouvement Pan Arabe était un Cheval de Troie(...)Il y a trois ans j'ai dit `'la Montée dans le Cheval`' et chacun est entré dans le Cheval et le Cheval a passé le muré (...) Maintenant, le temps est venu pour nous de dire : `'Sortez du Cheval et commencez à travailler'' ». Et il continue, pour bien fixer les buts stratégiques de l'Intifada : « notre but suprême est toujours la libération de toute la Palestine historique, de la Rivière [du Jourdain] à la Mer [Méditerranée], même si cela signifie que le conflit durera pendant encore mille ans ou pendant beaucoup de génération. »

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